Argentina y Nafta (ou pas)
Nous quittons Bariloche par la route « Los siete Lagos » itinéraire qui devrait nous garantir de nombreux point de vue sur lacs, cascades et forêts de nires, radales et pehuens (oui forcément ces espèces inconnues donnent envie). La matinée à Bariloche avait été pluvieuse mais le temps de faire le plein de chocolat (les meilleurs du pays à ce qu’il parait) et de prendre la voiture, le ciel s’était levé et le soleil avait déjà séché la route. C’est donc confiant que l’on prend l’embranchement pour les 110 kms de ripio qui serpentent dans ces paysages fantastiques.
Il faudra seulement une vingtaine de kilomètres pour que le temps se dégrade à nouveau, cachant tout paysage sous un épais brouillard, la pluie éprouvant les essuies glaces et ravinant le ripio boueux de la piste. Nous prenons donc les kilomètres en patience, transformant la corsa cheap en véhicule amphibie boue/eau et donnant un nouveau revêtement plus épais à sa douce carrosserie initialement blanche. Les chocolats nous aident à tenir la route et s’avèrent être les meilleurs goutés sur la terre argentine. Evidemment c’est lorsque nous regagnions l’asphalte que les nuages se dissipent. Nous traversons le village de San Martin de los Andes où les maisons de bois charmantes ont l’air bien accueillantes. Nous continuons en direction de Junin de Los Andes où nous trouvons un camping en bordure du rio qui nous accueillera pour la nuit.
Le lendemain nous prenons la route vers la nord, avalant les kilomètres de route sinueuse dans les collines désertiques et désertées. Nous faisons 45 minutes de queue à la pompe à essence de Zapala en prévoyance des kilomètres à parcourir mais on se voit bloquer l’accès à la pompe, 1 voiture avant nous. Le camion citerne vient d’arriver, il faut compter une heure (argentine) pour qu’ils remplissent les réservoirs de la station. En discutant avec l’argentin de la voiture de devant (lui qui était vraiment à deux doigts d’éviter l’heure bonus d’attente) nous décidons de reprendre la route, le demi plein que nous avons devrait suffire pour les 200 kms qui nous séparent de Chos Mallal, où là assurément (argentinement parlant) il y aura de l’essence.
Nous roulons donc l’œil sur la jauge le reste de l’après midi, traversant un barrage de police qui vérifie que toutes les jauges des véhicules sont suffisamment pleines pour arriver à destination, (c’est adorable comme attention !) et arrivons sans encombre à Chos Mallal. L’office du tourisme nous accueille très chaleureusement et nous trouvons un camping très bien, encore en bordure du rio. Nous reprenons la voiture pour faire le plein et c’est là que les choses deviennent moins adorables.
La première station service, ACA est à sec de tout carburant : ils ont été ravitaillés la veille mais ce matin la dernière goutte est partie, ils devraient être ravitaillés ce soir. L’autre station, YPF est à sec aussi et ne prévoit un ravitaillement que pour samedi (nous sommes jeudi après midi). Aucune des excursions des alentours n’est possible sans essence (sources thermales dans des eaux boueuses ou grottes aux peintures rupestres) nous nous posons donc tranquillement au camping, attaquant nos bouquins et attendant la soirée pour aller prendre de l’essence au ACA, prêts à faire la queue aussi longtemps que nécessaire…
Sauf que voila, le camion citerne prévu à 20h n’est pas arrivé à 21h et ACA n’a pas de nouvelles, ils supposent donc qu’il sera là le lendemain matin. Sauf que voila, le lendemain c’est le vendredi saint et le maigre espoir que l’on avait s’effondre en fin de journée quand le pompiste nous dit que la prochaine livraison est finalement prévue pour lundi. On se rabat donc vers le YPF espérant un départ possible le samedi matin, mais le camion citerne est prévu pour 21h samedi soir…
Naivement nous nous pointons comme des fleurs à 20h20 samedi dans le centre ville et l’on comprend enfin pourquoi la rue passant à coté du camping nous paraissait particulierement pratiquée : une file de voiture s’est mise en place à l’entrée de l’YPF (alors que le camion citerne n’est pas encore arrivé). Vous savez maintenant que toutes les villes d’Argentines sont organisées selon un quadrillage preci où chaque bloc de maison fait 100 metres de coté et bien la file d’attente, lorsque nous l’avons rejointe, longeait le quadra de l’YPF avant de faire un tour complet du quadra d’a coté, et la file s’est encore completée derriere nous. Nous avons donc pris notre tour au bout des 500 metres de files de véhicules coupant le moteur et attendant au moins de voir passer le camion citerne. L’attente aura duré 4 heures, malgré les 2 pompes tournant à plein régime (il faut dire que nombreux etaient ceux qui avaient des jerricanes en plus) mais nous quittons la station service le réservoir plein et certains de pouvoir quitter Chos Mallal le lendemain !
Du coup, avec ces 3 nuits forcées, on aura pris nos habitudes dans notre petit camping municipal de Chos Mallal. On connait les fous du village (mais on ne les comprend pas encore, leur élocution est laborieuse), les heures de passage des troupeaux de chèvres et de vaches accompagnés par les gauchos (et des fois poursuivis par les fous du village criants), les chiens et les chats du camping et la serveuse du seul café wifi du village. Il faut quand même saluer Poup qui aura lu Germinal en moins de 36 h (je me suis contentée d’un mélange de Vargas, Tesson (merci Flore, il est génial !) et Hugo…
C’est donc bien reposés, et vides de livres à lire que nous quittons la région des lacs après ce weekend de Pâques endiablé ! Direction de San Rafael et Mendoza pour plus d’animation.
P.S : Entre les paysages traversés sous la pluie et le charme de notre camping municipal, j’espere que vous ne nous tiendrez pas rigueur du manque de photos !
1 comments:
on s'en fout des photos! il est nul votre voyage!
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