mardi 27 avril 2010

Entre Quebradas et vignobles

Nous arrivons à Cafayate, traversant vignobles et exploitations soignées où l’automne commence à réchauffer les feuilles des arbres. Le village de Cafayate nous accueille bras ouverts avec sa place ombragée, ses terrasses animées et sa « Casa de Empanadas » ! Nous commençons par une visite de quelques bodegas où l’accueil est bien plus personnalisé qu’à Mendoza et nous en apprenons encore plus sur la vinification et les propriétés internationales de Pernod Ricard ! Le Torrontès, spécialité régionale se révèle être un vrai régal ! En évitant les minibus touristiques, nous partons pour un aperçu époustouflant de la région : « La Quebrada de las Conchas ». Les falaises ocres et oranges transforment le paysage en représentations fantastiques, des gorges de pierres et des vallées ne finissent plus d’enrichir la vue et les pauses photos sont innombrables ! (heureusement que les bas cotés sont prévus en fonction).

Nous quittons finalement cette jolie vallée pour une route de ripio qui serpente entre villages, champs et lits de rivières asséchés. Nous traversons Antiguastaco, Los Molinos et Cachi où le temps semble s’être arrêté. Plus nous avançons vers le nord, plus les villages ont du caractère et les maisons soignées. Ici ils utilisent beaucoup de bois de cactus pour les constructions et les façades sont souvent recouvertes d’enduits clairs. Poup est devenu fan des églises, s’il vous plait admirez la diversité !

Nous quittons Cachi par une route qui traverse le « Parque Nacional de los Cardones », des cactus de plusieurs mètres de haut se dressent par centaines dans cette plaine, il parait même que ca en est devenu une zone a atterrissage d’ovni ! Sisi ! Nous passons notre premier sommet à 3400 mètres et donc notre première véritable descente en ripio, heureusement que peu de camions empruntent cette route ! Le paysage, là encore est à couper le souffle !

C’est dans la chaleur et au milieu de rues plutôt embouteillées que nous arrivons à « Salta la belle » un peu déboussolés par toute cette civilisation !

Justifier

vendredi 23 avril 2010

San Juan et La Rioja entre parcs et ruines

Nous arrivons à San Juan en début de soirée et découvrons de nuit cette ville joyeuse et animée du haut de sa tour romantique. Entre l’auberge sympathique et les échanges d’adresse mail avec un certain policier francophile, l’accueil aura été des plus chaleureux mais nos journées avec la corsa étant maintenant comptées nous reprenons rapidement la route vers le nord.

Notre première halte au fameux sanctuaire de la « Difunta Correa » nous permet de nous recueillir comme il se doit dans la modeste chapelle de cette sainte si chère aux argentins. Pour la petite histoire, la Difunta Correa est une jeune femme qui a parcourut les chemins d’Argentine à la suite de son mari enrôlé dans l’armée, leur fils dans les bras; elle est malheureusement morte de soif avant d’arriver à destination mais son fils, tétant encore a été retrouvé vivant. Ce miracle est honoré sur toutes les routes du pays par des hôtel recouverts de dizaines voire de centaines de bouteilles d’eau en plastique (oui sur le bord de la route ca peut avoir des aires de décharge à ciel ouverts).

Notre route nous a ensuite menée jusqu’au parc d’Ishigualasto aussi appelé Valle de la Luna qui lui n’a rien de modeste ! Encadré par deux chaines de montagnes ocres, cette plaine a été érodé par le vent et l’eau et a mis à jour de nombreux fossiles animaux et végétaux ainsi que des formations géologiques assez incroyables ! Notre guide « passionné » (cf. photo) nous fera l’honneur de monter dans la corsa pour parcourir les sentiers de cet espace protégé en compagnie de renards, guanacos et autres voitures du cortège guidé, corsa en tête. Malgré les nuages qui ternissent un peu le tableau, nous pouvons donner libre cours a notre imagination et profiter de ce paysage incroyable !

Le lendemain nous quittons l’hospedaje de Villa Union salués par notre hôte Coco le perroquet et traversons le village de Chilecito puis de Londres où nous visitons les ruines incas de El Shincal. Escaliers, cactus et collines fideles aux images pré formatées des villages incas avec en bonus une vue magnifique sur la vallée. Au village de Belen, on erre un moment dans le marché artisanal au milieu des ponchos, chapeaux de gauchos et peaux de lamas mais malheureusement on ne trouvera rien d’assez chaud pour remplacer nos manteaux (Poup fonde plus d’espoir dans les ponchos boliviens : surement moins cher et plus chaud, suite au prochain épisode ).

Le lendemain nous traversons Hualfin en goutant à la cuisine locale et nous arrêtons, pour une halte forcée, à Santa Maria. Notre chère Corsa a donné beaucoup de bonne volonté pour gravir les derniers monts et frontières mais on sent bien que ce n’est plus suffisant pour vaincre la cordillère des Andes. Apres avoir vidé plusieurs fois le réservoir du liquide de refroidissement durant les 1000 derniers kilomètres (on avait notre bidon d‘eau distillée a portée), le moteur se met a chauffer brutalement et on atterrit au garage familial du village. Au bout de 2 heures d’effort du gang des « sans caleçon », notre radiateur est démonté, vidé, nettoyé, désossé, recollé, remonté et rempli… avec les moyens du bords. Il faut avouer qu’ils sont en train de déplacer leur garage 4 quadras plus loin, c’est surement pour cela que les fils électriques sont branchés sans prise à quelques centimètres du tuyau d’arrosage et que les cendres de leur clopes manquent de peu la résine fumante du radiateur ! Pas gratuit mais efficace, nous reprenons la route avec une corsa en pleine forme !

Un petit détour pour la soirée à Taffi del Valle où la nuit est fraiche et où nous chercherons en vain les sentiers de randonnées et le champ de menhirs déplacé de leur lieux d‘origine (surement pour cela que notre flair de gaulois ne les a pas trouvé d‘ailleurs). Nous nous consolerons avec les ruines de Quilmes et leur lamas ! Nichées sur les bords de la vallée, ces ruines d’une tribu indienne siègent maintenant au milieu des cactus géants et d’une famille apprivoisée de lamas.


Nous nous dirigeons maintenant vers Cafayate ou parait-il on y fait le meilleur vin du pays (même meilleur que les vins Français) et où le paysage est des plus marquants…

samedi 17 avril 2010

Valparaiso

Au matin, nous récupérons notre chère et tendre Corsa en un seul morceau cette fois et prenons la route pour Valparaiso. Un peu avant le Chili, nous faisons une halte au Puente de los Incas (pont des Incas), curiosité géologique aux couleurs étonnantes.

Le passage de frontière nous parait bien plus organisé que les précédents et est donc, beaucoup plus rapide. Par contre, les travaux avant et après la frontière nous retardent tout de même pas mal ! (ils refont la route et on ne peut circuler que dans un sens à la fois)
En bons habitués que nous sommes, nous n’avons aucun fruits, légumes, fromages et autres viandes ; mais les gardes frontière ont plus d’un tour dans leur sac ! Cette fois, ce seront nos fidèles bâtons de marche (en bambou) qui se verront refuser l’accès au territoire chilien, sous prétexte, je cite « qu’ils ont des fissures et donc qu’ils pourraient contenir des insectes ». Avec déception, nous laissons nos bâtons sur le bas côté, ainsi que 20 pesos argentins (première frontière où il faut payer pour passer!!) et continuons vers Valparaiso. Quelques heures, détours et beaucoup de péages plus tard, nous retrouvons Oliv dans le centre. Heureusement, il y a une heure de décalage et Oliv est en retard, car notre ponctualité laisse à désirer !! Son appart, qu’il partage avec des chiliens, est vraiment sympa et nous avons même le droit à un lit chacun !!

Ainsi, nous passons 2 jours et demi dans Valpo, où nous goutons à la culture et surtout à la nourriture chilienne !! Pendant nos soirées, nous rencontrons beaucoup de français (ils sont partout !!), avons le droit à un concert (et beaucoup de danse) et surtout profitons de l’ambiance « porteña » de Valpa. Coté nourriture, j’ai le regret d’annoncer qu’il y a beaucoup plus de nouveautés et de diversité qu’en Argentine. A part qu’il y a de la palta (avocat) PARTOUT !!! Mais, perso, j’ai adoré!! Plats bien copieux comme je les aime.

La découverte de la ville a été assez fatigante. Bien qu’elle soit située au bord du Pacifique, la ville est construite sur des collines, ce qui lui donne un charme fou, mais rend la visite… « pentue ». Les rues serpentes entre les maisons et, lorsqu’on ne connait pas les passages secrets magiques, (et leurs longs escaliers) on fait vite des détours ! (oui, c’est ce qui nous est arrivé quand nous n’étions pas avec Oliv)
Les murs des maisons sont tous taggués, les toits sont pour beaucoup en tôle de toutes les couleurs, les places ont beaucoup de charme et les funiculaires (en plus d’alléger les jambes) sont la touche finale qui en font une ville très spéciale. (désolé pour cette piètre description, regardez les photos, elles parlent d’elles-mêmes)

Pour l’ambiance, enfin, les places et sommets de collines sont fournies en divers peintres et vendeurs d’artisanat en tout genre, qui complètent pleinement la ville ; cela lui donne un côté magique avec un grain de folie !
Bon, les chiliens me paraissent toujours aussi fermés au premier abord, mais les quelques rencontres durant le voyage me font garder espoir !

Nous quittons la ville après un week-end très agréable (Merci Oliv, on demanderait presque una replica ! Dixit Toutoune : « c’était vraiment cool ! » :)), pour une longue journée de route. Le passage express vers l’Argentine (nous saluons la rapidité du poste frontière) et notre timing parfait avec les travaux, nous permettent d’arriver jusqu’à San Juan, au nord de Mendoza, dans la soirée.

mercredi 14 avril 2010

Mendoza, région viticole où il fait bon être une corsa

Nous prenons la route 40 vers le nord et traversons la région de Mallargue où le paysage nous transporte sur une autre planète! Des cônes volcaniques aux couleurs chaudes se mélangent aux roches noires et aux canyons ocres creusés par des rivières turquoises… Les heures de routes passent comme un défilé de cartes postales en taille réelle… malgré les surprises de ripio.

Nous faisons une halte dans une auberge de San Rafael avant de reprendre la route qui traverse maintenant des domaines viticoles luxuriants. Ces larges étendues irriguées par la fonte des glaces de la Cordillère des Andes toute proche, profitent du soleil et du climat doux pour produire plus des deux tiers des vins argentins… Nous nous sommes sentis obligés de se dévouer à la dégustation de ces vins pour vous ;) .
La champanera Bianchi s’impose fièrement au milieu de pelouses verdoyantes, sculptures de lions et jardins de roses. Nous avons découvert les techniques utilisées pour la fabrication du champagne (ok on aurait pu réviser nos classiques nationaux avant). N’empêche que nous avons fini par déguster un vin champenois (puisque l’appellation champagne est contrôlée et apparemment bien respectée), tout à fait correct… pour une production argentine ! ;). Le domaine de la Rural beaucoup plus authentique et traditionnel nous a présenté son exploitation ainsi que les différentes étapes de la production de leur vin (c’est la période des vendanges en ce moment donc les machines fonctionnaient à plein régime) avant de nous faire déguster une cuvée spéciale, vraiment sympathique ! C’est après cette journée de visites éprouvante que nous arrivons à Mendoza, ville de 110 000 habitants, animée, verdoyante et plutôt cosmopolite !

A l’auberge des « Portes du Soleil » nous rencontrons Benoit, barbu français, passionné de vins, en voyage épique en Amérique du sud. Nous passerons de longues heures à nous raconter nos vies respectives (enfin surtout la sienne, histoires de branque ! ;) )que ce soit autour d’un bon repas (à en finir poustre), en terrasse ou au coucher de soleil dans le parc de Mendoza ! Si les journées et les soirées ont été très agréables durant notre séjour à Mendoza, il n’en a pas été de même pour un certain matin.
Avec seulement quelques heures de sommeil derrière nous, nous entendons la charmante voix de la fille de l’auberge nous sortir du lit en nous demandant si nous avons une corsa blanche stationnée dans la rue. « Ca serait mieux que vous vous leviez car il y a du verre cassé et la police qui vous attend dans l’entrée » … Si si c’est efficace comme réveil !

Nous nous retrouvons dans la rue avec 3 ou 4 policiers entourant notre chère corsa qui a perdu dans la nuit la serrure de la porte passager ainsi que la vitre et le contenu de la banquette arrière... Occasion pour nous de découvrir le fonctionnement de la police argentine: après les flics plutôt sympas qui ont découverts la voiture et sont venus nous réveiller, c’est la police scientifique qui débarque. Je ne sais pas si les « Experts à Miami » auraient fait un aussi bon travail mais nous avons le droit à tout le spectacle du relevé d’empreinte (Par contre ils ont dus oublier de prendre nos empreintes pour les éliminer des « 3 empreintes suspectes trouvées sur la portière »). Enfin c’est la police touristique qui prend le relai, sûrement les moins agréables d’ailleurs. Nous partons faire une déclaration au commissariat et ils nous font comprendre qu’en cas de nouveautés ils contacteront l’ambassade à Buenos Aires (qui elle n’a aucun moyen pour nous joindre) mais qu‘il est très rare de retrouver des affaires volées... On revient donc à l’auberge, dans notre corsa qui est maintenant blanche, marron et grise (la poudre à empreinte), pleine de verre, forcément plus légère et cheveux au vent !

Finalement le temps de s’occuper des assurances, des papiers et de faire réparer la vitre cassée on restera un jour de plus à Mendoza. Heureusement que nos papiers et affaires les plus importantes étaient dans l’auberge, mais sans duvet on ne pourra malheureusement plus dormir dans notre corsa… Nous profitons quand même d’un assado organisé par l’auberge avec un bon répertoire de musique folklorique argentine au doux son de guitare et de charango.

jeudi 8 avril 2010

Argentina y Nafta (ou pas)

Nous quittons Bariloche par la route « Los siete Lagos » itinéraire qui devrait nous garantir de nombreux point de vue sur lacs, cascades et forêts de nires, radales et pehuens (oui forcément ces espèces inconnues donnent envie). La matinée à Bariloche avait été pluvieuse mais le temps de faire le plein de chocolat (les meilleurs du pays à ce qu’il parait) et de prendre la voiture, le ciel s’était levé et le soleil avait déjà séché la route. C’est donc confiant que l’on prend l’embranchement pour les 110 kms de ripio qui serpentent dans ces paysages fantastiques.

Il faudra seulement une vingtaine de kilomètres pour que le temps se dégrade à nouveau, cachant tout paysage sous un épais brouillard, la pluie éprouvant les essuies glaces et ravinant le ripio boueux de la piste. Nous prenons donc les kilomètres en patience, transformant la corsa cheap en véhicule amphibie boue/eau et donnant un nouveau revêtement plus épais à sa douce carrosserie initialement blanche. Les chocolats nous aident à tenir la route et s’avèrent être les meilleurs goutés sur la terre argentine. Evidemment c’est lorsque nous regagnions l’asphalte que les nuages se dissipent. Nous traversons le village de San Martin de los Andes où les maisons de bois charmantes ont l’air bien accueillantes. Nous continuons en direction de Junin de Los Andes où nous trouvons un camping en bordure du rio qui nous accueillera pour la nuit.

Le lendemain nous prenons la route vers la nord, avalant les kilomètres de route sinueuse dans les collines désertiques et désertées. Nous faisons 45 minutes de queue à la pompe à essence de Zapala en prévoyance des kilomètres à parcourir mais on se voit bloquer l’accès à la pompe, 1 voiture avant nous. Le camion citerne vient d’arriver, il faut compter une heure (argentine) pour qu’ils remplissent les réservoirs de la station. En discutant avec l’argentin de la voiture de devant (lui qui était vraiment à deux doigts d’éviter l’heure bonus d’attente) nous décidons de reprendre la route, le demi plein que nous avons devrait suffire pour les 200 kms qui nous séparent de Chos Mallal, où là assurément (argentinement parlant) il y aura de l’essence.

Nous roulons donc l’œil sur la jauge le reste de l’après midi, traversant un barrage de police qui vérifie que toutes les jauges des véhicules sont suffisamment pleines pour arriver à destination, (c’est adorable comme attention !) et arrivons sans encombre à Chos Mallal. L’office du tourisme nous accueille très chaleureusement et nous trouvons un camping très bien, encore en bordure du rio. Nous reprenons la voiture pour faire le plein et c’est là que les choses deviennent moins adorables.

La première station service, ACA est à sec de tout carburant : ils ont été ravitaillés la veille mais ce matin la dernière goutte est partie, ils devraient être ravitaillés ce soir. L’autre station, YPF est à sec aussi et ne prévoit un ravitaillement que pour samedi (nous sommes jeudi après midi). Aucune des excursions des alentours n’est possible sans essence (sources thermales dans des eaux boueuses ou grottes aux peintures rupestres) nous nous posons donc tranquillement au camping, attaquant nos bouquins et attendant la soirée pour aller prendre de l’essence au ACA, prêts à faire la queue aussi longtemps que nécessaire…

Sauf que voila, le camion citerne prévu à 20h n’est pas arrivé à 21h et ACA n’a pas de nouvelles, ils supposent donc qu’il sera là le lendemain matin. Sauf que voila, le lendemain c’est le vendredi saint et le maigre espoir que l’on avait s’effondre en fin de journée quand le pompiste nous dit que la prochaine livraison est finalement prévue pour lundi. On se rabat donc vers le YPF espérant un départ possible le samedi matin, mais le camion citerne est prévu pour 21h samedi soir…

Naivement nous nous pointons comme des fleurs à 20h20 samedi dans le centre ville et l’on comprend enfin pourquoi la rue passant à coté du camping nous paraissait particulierement pratiquée : une file de voiture s’est mise en place à l’entrée de l’YPF (alors que le camion citerne n’est pas encore arrivé). Vous savez maintenant que toutes les villes d’Argentines sont organisées selon un quadrillage preci où chaque bloc de maison fait 100 metres de coté et bien la file d’attente, lorsque nous l’avons rejointe, longeait le quadra de l’YPF avant de faire un tour complet du quadra d’a coté, et la file s’est encore completée derriere nous. Nous avons donc pris notre tour au bout des 500 metres de files de véhicules coupant le moteur et attendant au moins de voir passer le camion citerne. L’attente aura duré 4 heures, malgré les 2 pompes tournant à plein régime (il faut dire que nombreux etaient ceux qui avaient des jerricanes en plus) mais nous quittons la station service le réservoir plein et certains de pouvoir quitter Chos Mallal le lendemain !

Du coup, avec ces 3 nuits forcées, on aura pris nos habitudes dans notre petit camping municipal de Chos Mallal. On connait les fous du village (mais on ne les comprend pas encore, leur élocution est laborieuse), les heures de passage des troupeaux de chèvres et de vaches accompagnés par les gauchos (et des fois poursuivis par les fous du village criants), les chiens et les chats du camping et la serveuse du seul café wifi du village. Il faut quand même saluer Poup qui aura lu Germinal en moins de 36 h (je me suis contentée d’un mélange de Vargas, Tesson (merci Flore, il est génial !) et Hugo…

C’est donc bien reposés, et vides de livres à lire que nous quittons la région des lacs après ce weekend de Pâques endiablé ! Direction de San Rafael et Mendoza pour plus d’animation.


P.S : Entre les paysages traversés sous la pluie et le charme de notre camping municipal, j’espere que vous ne nous tiendrez pas rigueur du manque de photos !

dimanche 4 avril 2010

La région des lacs

Esquel sera notre porte d’entrée à la « Région des lacs » que nous allons traverser du sud au nord et qui est réputée pour ses paysages idylliques et ses nombreux lacs.

Nous choisissons de profiter du soleil avec une rando dans le Parc national de Los Alerces, histoire de ne pas se lasser des paysages verdoyants ! Les Alerces, ou mélèzes de Patagonie sont parmi les arbres les plus résistants du monde, certains spécimens ont jusqu’à 4000 ans (en même temps avec une croissance de 1 cm de circonférence tous les 20 ans, il vaut mieux qu’ils vivent longtemps !), les forêts n’en sont que plus majestueuses. Evidemment cela ne les rend pas résistants aux incendies qui font des dégâts funestes dans cette région ! Les paysages se partagent donc sur des centaines hectares entre forêts, lacs, restes d’incendies et montagnes. Ceci dit la vue du Cerro Dedal n’en est pas moins impressionante ! Alternant entre sous-bois de bambous, forêt d’Alerces, gravats de schistes et prairies verdoyantes, le sentier ne nous découvre sa vue incroyable, qu’une fois au sommet : lac, arrêtes rocheuses et étendues verdoyantes à perte de vue ! Cette fois encore on aura été le plus attentif possible au moindre frémissement des sous bois, mais impossible de voir d’Huemul (cervidé protégé, voisin du Wapiti…).

Après une nuit passée au dernier camping ouvert du parc national (la basse saison nous menace), nous prenons la route vers le nord, avec nos nouveaux amis : les bâtons de marches en bambous Justifier(bon ils ne rentrent pas vraiment dans le coffre spacieux de la corsa mais on les aime quand même donc on leur a trouvé une place en travers des sièges arrières). Première étape à El Bolson, village réputé pour sa culture hippie, sa municipalité écologique et son artisanat. C’est surement parce que l’on s’y est arrêté un dimanche après midi que nous avons trouvé la ville un peu évanouie et passive. Nous avons donc continué jusqu’à Bariloche où nous nous sommes arrêtés dans une auberge très sympa mais très… très anglophone.
En fait cette auberge ne compte que sur la promotion des Lonely Planet pour assurer sa clientèle, on y a donc trouvé uniquement des australiens, américains et anglais et du coup même les gérants nous répondaient en anglais quand on leur parlait espagnols… Vous imaginez la bonne humeur de Poup ! Heureusement que cette auberge étant au 10 ème étage du seul haut bâtiment de la ville, nous donnait une vue imprenable sur le lac et les montagnes environnantes pour le lever autant que pour le coucher de soleil !

Bariloche est une ville très touristique, appréciée par les argentins pour le ski en en hiver et les randos en été. Il faut avouer que le paysage du parc Nahuel Huapi est vraiment incroyable ! (ok je dis a chaque fois, du coup vous commencez à connaitre la musique, mais regardez quand même les photos !! ). La proximité de la Cordillères des Andes assure les montagnes vertigineuses et enneigées sur une partie du paysage et les lacs et forêts plus proches se chargent du reste pour que le tableau, où que l’on regarde, nous émerveille…

On a profité de la première journée pour découvrir la région par la côte touristique du lac (admirez le complexe hôtelier du Llao-Llao construit par le gouvernement et qui se fond merveilleusement dans le paysage) puis nous nous sommes attaqués à l’ascension poussiéreuse du Cerro Lopez. C’est là que j’ai pris de magnifiques coups de soleil et que nous avons rencontré Annibal et Antonella (couple d’argentins en vacances pour la semaine sainte) avec qui nous sommes rentrés en ville et avons partager une glace. Le lendemain c’est l’ascension du Cerro Catedral jusqu’au refugio Frey, petit lac paisible au milieu d’un cirque de pics acérés ou se risquaient des grimpeurs.

Soirée de fête pour cette dernière nuit à Bariloche, dans un restaurant magnifique (nous fêtons le titre d’ingénieur officialisé par un email de l’UTT récemment reçu ;)) . Avec la porte d’une maison de lutin, construit tout en bois, il intègre des arbres vivants à sa salle principale et ce n’est pas à défaut de la cuisine, la viande grillée est juste … argentine !

Pour le moment la région des lacs aura été fidele à sa réputation : paysages idyllique et identité argentine !

Où sommes nous ?


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