jeudi 11 mars 2010

Arrivée en Terre de Feu

Chance et aventure : mots d’ordre de ces deux journées !

Nous arrivons à Rio Gallegos en fin de journée et comme imaginé, nous ne trouvons pas grand chose d’attrayant ! L’office de tourisme nous le confirme autant pour les hostels que pour les choses à voir dans le coin… pas besoin de grande discussion avant de décider de reprendre la route, nous aurons fait un temps record pour cette escale : 25 minutes ! C’est donc sans trop se poser de questions que nous nous dirigeons toujours plus au sud, vers la frontière pour le Chili,.

Petit point géographique: La Terre de Feu est une île que se sont partagés avec quelques tensions le Chili et l’Argentine. Le nord ouest de l’ile est chilien et le sud-est argentin. En arrivant d’Argentine nous devons passer par le Chili pour aller à Ushuaia, nous avons donc une première frontière sur le continent puis une seconde en Terre de Feu où nous repassons en Argentine.

Nous arrivons donc à la frontière argentino-chilienne vers 21h sans trop savoir à quoi nous attendre. Nous garons la voiture et munis des papiers de notre corsa et de nos passeports nous nous dirigeons vers le bâtiment partagé par les douanes. Nous entrons dans une salle bondée où les files d’attentes sont difficilement différenciables, les pleurs des enfants et discussions animées sont ponctués par les innombrables coups de tampons. Impossible d’optimiser le temps d’attente en faisant plusieurs file en même temps, nous prenons donc notre mal en patience et faisons 3 files différentes pour avoir les tampons et petits coupons nécessaires sur nos passeports (même la corsa a son propre passeport : la grande classe). Nous pouvons enfin reprendre la voiture en niant toute possession de fruits, légumes… Et là, la grande traversée commence.

Dans le noir total et sans aucun panneau nous avançons sur l’unique route, espérant trouver le port de Punta Delgada pour se renseigner sur les prochaines traversées ou bien faire escale. Soudain des lumières et une file de véhicules apparaissent, nous ralentissons pour nous garer mais un agent nous fait signe d’avancer vers le ferry, même pas possible de baisser la vitre pour lui demander où acheter un ticket, apparemment il faut faire vite ! Nous embarquons donc en quelques instants. A peine le temps d’attraper un pull et de fermer la voiture que la porte du ferry est refermé et que nous tangons déjà sur les vagues du détroit de Magellan. La nuit noire nous interdit tout aperçu du paysage mais les vagues ont l’air plutôt mouvementées. Les télévisions nous apprennent le tremblement de terre au Chili : images, vidéo et interviews, les médias sont universels. Les chiliens présents sont concernés mais n’ont pas l’air profondément choqué, peut être sont-ils au courant depuis plus longtemps.

La traversée n’aura duré que 20 minutes, nous débarquons tout aussi rapidement et nous retrouvons sur une route bien aménagée mais toujours sans indications. Au bout d’une bonne heure de route nous arrivons à Cerro Sombrero, espérant vraiment trouver de quoi dormir, le vent est vraiment violent ici ! Par chance le seul hôtel de la ville est encore ouvert, nous demandons le prix d’une chambre de base, malheureusement elles sont toutes prises par les gauchos venus pour un festival ce même weekend ! La dernière chambre libre est a 320 pesos la nuit, un peu plus que 4 fois notre budget ! La gérante s’en rend bien compte et nous propose de nous la faire au prix d’une chambre plus bas de gamme soit 220. Devant cette grosse réduction et l’impossibilité de dormir avec ce froid dans la voiture, nous acceptons. Nos sacs nous tombent des épaulent lorsque l’on entre dans la chambre ! Un lit King size avec un matelas incroyablement épais… et une douche avec jet massage et tout le luxe américain … Inutile de dire que comparé aux nombreuses nuit dans la corsa, on se croirait au paradis !

Heureusement que la nuit a été reposante pour affronter la journée du lendemain ! Apres un ti déjà dans l’hôtel nous nous apercevons que nous sommes a court de liquide, à court de sans plomb, que l’hôtel et la station service ne prennent pas les cartes et que les distributeurs de monnaie n’ouvrent que le lendemain (lundi)… Oui c’est un bon début de journée ! Heureusement que nous pouvons compter sur le charme de Poup ! Apres discussion avec la gérante, il vide le portefeuille de TOUTE sa monnaie : 166 pesos argentins et un billet de 5 euros… Direction le supermarché ou c’est avec une caissière qu’il arrivera a négocier un paiement en carte pour l’échanger avec du liquide : 15 000 pesos chilien que nous dépenserons en sans plomb. Du coup, plus sereins, nous passons faire un tour au festival de gaucho… on sort un peu du paysage avec notre corsa et nos manteaux de ski face aux vieux gauchos en tenues traditionnelles dans leur 4x4 éprouvés par la boue. Nous profitons quand même d’une démonstration de chiens gauchos (ils doivent déplacés un troupeau de moutons sous les ordres de leur maitres d’un enclos à l’autre.) mais les rafales de vents nous font vite reprendre les ripios jusqu’à Rio Grande, ville la plus importante économiquement de la Terre de feu.

C’est donc sans dépasser les 40 km/h que nous parcourons les 120 kms de ripio sous les rafales violentes du vent de la Terre de Feu. Au seul carrefour avec des panneaux de notre parcours, nous rencontrons un motard qui nous dit que nous avons un pneu à plat … Nous changeons donc la roue avec son aide et reprenons la route encore plus lentement et prudemment. C’est avec de faux espoirs que nous espérons pouvoir trouver un garage à la frontière argentine 30 kms plus loin. Nous passons de nouveau les formalités nécessaires à cette douane beaucoup plus petite et moins pratiquée et reprenons la route évitant autant que possible les cailloux…
Nous arrivons enfin à Rio Grande et parvenons, par chance à trouver une gomeria ouverte un dimanche ! La corsa se fait désosser, il trouve 2 trous dans le premier pneu et en lui demandant de vérifier la pression des autres pneu, il trouve une vis enfoncée et limée…Décidemment les routes argentines sont plutôt agressives pour les pneus ! Nous profitons de Rio Grande pour faire un vrai plein d’essence et retirer de l’argent.

Nous reprenons la ruta 3 vers le sud … pour arriver quelques heures plus tard au bout du monde… Les paysages changent très rapidement ! Après les plaines d’herbes battues par le vent du nord de la terre de feu, les vallons se transforment rapidement en forêts puis montagnes, lacs et glaciers.
Nous arrivons de nuit à Ushuaia et nous arretons à l’auberge Yakush, Ariel nous accueille…

1 comments:

Adri 12 mars 2010 à 09:13  

Waouh que d'aventures !! Les photos sont magnifiques (de chubut sud à la terre de feu), avec des couchers de soleils flamboyants et des levers de lune aussi.... bien joué les enfants !

Sinon je vois que vous avez troqués la corsa vs un moyen plus adapté aux routes locales, i.e. le vtt ^_^.

Bonne chance pour la suite de la route, et poup ne sacrifie pas non plus ta vertu à toutes les tenancières accortes juste parce qu'elles te font des prix ;)

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