mercredi 31 mars 2010

Route Australe

Notre intention initiale était de se rendre sur l’archipel des iles Chiloé (archipel de la côte ouest du Chili qui a conservé un fort caractère chilote, réputé pour ses églises, ses maisons colorées, sa nature riche et sa culture de la mer) mais en nous renseignant sur les ferrys possibles pour se rendre sur l’ile (nous sommes maintenant en basse saison touristique) nous réalisons que les prix sont bien trop élevés pour notre budget (plus de 150 euros pour faire passer la corsa sur l’ile principale). Pour la première fois nous devons tirer un trait sur une des destinations qui nous tenait à cœur mais nous décidons de profiter des paysages chiliens quelques jours de plus avant de repasser la frontière argentine.

C’est donc tôt le matin, avec notre corsa propre, moteur révisé et pare choc embouti, que nous sommes heureux de quitter Coyhaique en prenant la route australe vers le nord. Unique route qui traverse le Chili du nord au sud, la route australe a aussi mauvaise réputation que la Ruta 40 argentine, mais riche de nos expériences, c’est confiant que nous nous y risquons. Notre trajet commence sur un asphalte sans fausse note pour la premières heure de la journée et se transforme rapidement en ripio chilien au dénivelé plus compliqué. La route traverse des paysages incroyables, des forêts humides d’arbres immenses recouverts de lichens, de lianes, de grandes feuilles de nulca. Les quelques kilomètres parcourus depuis la frontière Argentine nous donnent l’impression d’avoir changer de continent ! C’est le climat pacifique qui règne de ce coté de la cordillère et tout le montre ! Cette piste serpentant entre les falaises de forêt, est tout de même l’axe principal du pays, heureusement que le trafic n’est pas trop dense !

Nous arrivons en milieu d’après midi au parc National de Queulat où nous garons la voiture pour une rando au milieu de ces forêts incroyables. Après s’être cru dans un décor de « l’ile des enfants perdus » où des bateaux de pirates échoués se seraient fondus au paysage, nous arrivons au mirador qui donne sur un glacier (encore un que l’on aurait pas imaginé ici). La masse de glace avance sur une paroi rocheuse et se termine en cascade vertigineuse… Nous quittons ces paysages grandioses par une passerelle à la Indiana Jones et continuons la route vers Puerto Puyuapi où nous trouvons un adorable camping en bordure de fjord. Nous partageons un maté avec le couple de gérant qui nous entretient gentiment un vrai feu pour cuisiner !

Le lendemain nous faisons de la place à l’arrière de la corsa pour Amit, israélien d’une trentaine d’années qui a déjà largement parcouru le monde et s’est lancé dans un tour de l’Amérique du sud depuis quelques semaines. Nous continuons vers le nord, traversant villages et fermes perdus dans ces immensités vertes. Les vaches, brebis, chèvres et rapaces s’approprient la piste et mènent la belle vie sous ce climat humide et ensoleillé (en tout cas aujourd’hui). Nous nous arrêtons sur une aire de camping désertée au départ d’une balade qui nous amènera une fois de plus au pied d’un glacier. Nous serpentons un moment entre les feuilles géantes de Nalcus et autres végétation aux feuilles agressives ! De retour au camp, Amit se lance un challenge personnel de faire un feu à partir de bois humide… qu’il remporte grâce au réchaud chalumeau et des yeux « un peu enfumés » !

Nous quittons le Lago Yelcho le lendemain matin sous une bruine brumeuse, nous laissons la route australe pour se diriger vers Futaleufeu, ville frontière andine. Nous passons la frontière sans problème, le dernier contact avec les chiliens aura été fidele à une partie de nos rencontres ici : peu engageant et froid. Nous passons de l’autre coté de la cordillère des Andes et une fois de plus, en quelques kilomètres le paysage et le climat changent radicalement. Cependant nous n’avons pas le temps de l’admirer longtemps, le poste de police de l’entrée du village de Trevelin décide de nous arrêter.

Il faut savoir qu’en Argentine, il y a énormément de poste de police sur la route. La plupart sont vides, dans certains on aperçoit des flics et lorsque par hasard ceux-ci sont postés sur la route, il arrive qu’ils nous demandent notre destination quand un simple salut ne suffit pas. C’est donc un peu surpris qu’à l’entrée de ce petit village nous donnons nos papiers et nous garons sur le bas coté pour une fouille complète du véhicule. Nous devons vraiment avoir des drôles de gueule en ce moment, entre ceux qui nous prennent pour des israéliens et les autres pour des dealers… Parce que quand je dis fouille complète, c’est fouille complète ! Du paquet de riz entamé, à l’intérieur de nos chaussettes sales, en passant par l’objectif de l’appareil de Poup, les compeeds, le boitier du levier de vitesse, les pages de nos bouquins et il faut même que j’explique le but de certains de mes médocs ! Vraiment sympa comme accueil ! J’ai vu le moment ou on allait devoir déballer la tente et sortir la roue de secours ! Mais malgré leurs ultimes efforts (ils ont bien sur contrôlé sur leur réseau mon passeport, permis de conduire international et papier du véhicule) ils ne trouvent rien dans la voiture et nous laissent repartir, toujours sans un sourire !

C’est donc encore étonnés que l’on découvre le village de Trevelin ou l’on en profite pour pique niquer sur la place centrale.Nous n’avons pas le cœur à nous y attarder et reprenons la route pour Esquel ou nous déposons Amit et trouvons une auberge bien agréable pour une bonne nuit de sommeil.

Heureusement que ces jours ci le temps est de notre coté et que les paysages sont toujours surprenants et sublimes ! ;)

vendredi 26 mars 2010

Une entrée au Chili laborieuse

Avant de partir de Menelik, nous passons prendre le maté chez Cécile et Manuel et les remercions de nous avoir permis de vivre cette belle aventure.
Nous partons sur les coups de 10 heure vers le Parc National Perito Moreno, non loin de l’Estancia. Lorsque nous arrivons au Lac Belgrano, nous sommes saisis par son bleu intense dont nous avons tant entendu parlé ; sa couleur est due aux sédiments particuliers contenus dans le Glacier d’où provient l’eau.

Quelques heures après avoir annoncé notre départ du parc en klaxonnant les gardes parc, la peur qui nous tient depuis le début de la journée se concrétise : le moteur chauffe bel et bien !!! Notre âme de mécanicien nous dit de nous arrêter et c’est capot au vent que nous prenons notre déjeuner. Nous n’avons plus de liquide de refroidissement et presque plus d’huile… ainsi, nous décidons de retourner au Mirador « non loin » où nous avions vu qu’ils vendaient de l’essence. Mais notre moteur ne nous laisse pas y arriver et c’est finalement le sens aigu de la mécanique de Toutoune qui nous pousse à mettre de l’eau en guise de liquide de refroidissement.
Arrivé au mirador, nous sommes accueillis par une bande de joyeux gauchos, ravi de partager avec nous la réception des premiers signaux d’Internet par satellite !!
Quelques minutes après, j’étais passé pour un boulet auprès de deux d’entre eux (et maintenant, auprès de vous tous) ; la voiture devait être penchée lorsque j’ai pris le niveau d’huile : le niveau est au max. Nous aurons au moins gagné de cet arrêt la vue magistrale sur la vallée…
Le reste de la journée ne sera qu’une succession de ripios plus ou moins caillouteux. Beau résultat pour cette journée : 12 heures de routes pour 380 kilomètres !

Les problèmes de la Corsa sont à moitié résolus, mais de toute manière, nous devons trouver un garagiste pour que notre bien aimée passe sa visite médicale.

Après une nuit bien méritée, nous attendons quelques heures un mécanicien qui ne viendra jamais (on est dimanche… c’est jour d’asado !) puis, à Los Antiguos, nous nous délassons au lac et cueillons des fraises (pas aussi gouteuses que les garriguettes d’après Toutoune)
Au matin, suivant les conseils de notre hôte, nous passons au Chili pour trouver un bon mécanicien. Nous nous faisons dépouiller de notre fromage à la frontière (pourtant, nous étions de bonne foi) et attendons 7 heures un ferry où nous ne sommes pas sûr de pouvoir embarquer.
Finalement, il y aura juste la place pour faire rentrer notre « autito » (notre chance avec les ferry va devenir légendaire…) et 2 heures et demi plus tard, nous débarquons les premiers et nous dirigeons vers Coyhaique (à lire Coïahiqué), capitale de la région. Il est déjà tard lorsque nous trouvons enfin un hébergement sans grande chaleur mais avec une bonne connexion internet (ça faisait longtemps)

Le lendemain, avant de laisser notre Corsa pour un nettoyage de printemps (bien mérité) nous laissons nos affaires dans un second hospedaje dont la propriétaire qui me pense Israélien (et qui n’a pas l’air d’en avoir une bonne opinion) est aussi désagréable que stricte, radine...
Ravis de récupérer la Corsa toute pimpante, nous la laissons au garage Chevrolet qui fera le changement d’huile et de filtre nécessaire (mais pas plus…)
En fin de journée, après une demie heure dans notre petite chambre austère, nous nous apercevons que notre Corsa (pourtant bien garée) s’en fait emboutir le pare-choc !

Oui, Coyhaique, on a aimé…

jeudi 25 mars 2010

Patagonie et Ruta 40

C’est avec 2 passagers supplémentaires que la cheap corsale quitte El Chalten vers le nord. Parmi les gens que nous avons rencontrés à l’auberge la veille, Shannon et Herman ont décidé de voyager ensemble vers le nord et cherchaient un véhicule « to do high chicken » ! Shannon vient de Californie et se découvre une passion pour l’Amérique du Sud au fil de son voyage. Herman, de Quilmes parcourt l’Argentine en stop pour mieux connaitre son pays avant la fin de ses études de tourisme. C’est donc un peu plus chargés que d’habitude et sur un air de Pink Floyd que nous prenons la route tous les 4, nous racontant nos vies dans les paysages désertiques de la Patagonie.

La ruta 40 nous révèle rapidement l’origine de sa réputation. Une piste irrégulière où se mélangent allègrement trous, ornières, sables et tous types de cailloux dans un tracé plus ou moins compréhensible… sur des centaines de kilomètres. Nous parcourons laborieusement 300 kms en près de 8 heures, vers la fin tous les regards cherchent furtivement un signe de vie à chaque virages ou collines. Gobernador Gregores apparait enfin, nichée dans une vallée verdoyante au milieu… de rien. Nous retrouvons une fois de plus les rues quadrillées, la place San Martin, les kioscos et même un incroyable camping municipal gratuit avec des douches chaudes ! Herman et Shannon plantent leur tente et les sièges de la corsa s’inclinent pour la nuit. Nous nous retrouvons autour d’un feu de fortune avec Camila, Paulina et Gabriel, 3 chiliens en voyage vers le sud. En vendant des bracelets et des portefeuilles ils enchainent les kilomètres en stop. On partage un vin chilien tiède et Herman réchauffe la fin de son poulet de voyage sur des airs de musique chiliennes et argentines. Les accents argentins chiliens brésiliens et français se mélangent dans une bonne ambiance.

Le lendemain nous ne nous attardons pas sous la pluie de Gobernador, toujours à 4 nous reprenons le ripio vers le nord. Plus de sable et peu de cailloux, cette fois la piste est entièrement boueuse et uniquement fréquentée par les camions et engins de travaux qui préparent une route asphaltée pour les années à venir (d‘après les panneaux les travaux auraient commencés en 2004 et devraient durer 12 mois…). Un semi remorque s’enlise devant nous et nous admirons l’adresse du conducteur qui arrive à le sortir de la boue sans trop faire fumer les roues. La corsa se trace timidement un chemin, camouflant sa carrosserie blanche étincelante sous un joli marron humide. 80 kilomètres plus loin la piste se transforme soudainement en asphalte, le changement est brutal mais apprécié par tous ! Au bout de l’asphalte nous déposons nos deux auto-stoppeurs et reprenons un ripio qui s’éloigne de la route 40 pour découvrir une estancia.

80 kilomètres de ripio plus loin nous arrivons à l’Estancia Menelik. Un groupement d’une demi douzaine de bâtiments blanc et rouges posés dans la plaine, résistants au climat et au temps; ils semblent faire partie intégrante du paysage. Les estancias sont historiquement des fermes d’élevage de bétails dont les troupeaux sont gérés et protégés toute l’année par les gauchos à cheval et leurs chiens. Aujourd’hui beaucoup d’entre elles diversifient leur activité vers le tourisme pendant la période estivale. Menelik conserve tout de même un troupeau de 80 moutons et 400 vaches ainsi qu’une soixantaine de chevaux sur ses 10 000 hectares et propose des chambres d‘hôtes et un « refuge » avec dortoirs et salle commune.
Pedro nous accueille et nous montre le refuge où nous dormirons. Nous posons nos affaires et Manuel, le gaucho de l’estancia nous emmène avec Pedro pour une ballade à cheval malgré le temps nuageux et pluvieux. Nos fidèles destriers en main : Suisso pour Poup et Raton pour moi vont d’un pas habile dans la steppe patagonne ! Nous parcourons les collines et traversons les ruisseaux accompagnés par les chiens qui coursent les lapins. Malheureusement la vue est plutôt nuageuse et nous ne profitons pas vraiment du paysage. La soirée au coin du feu avec mouton grillé et vin argentin fini de nous réchauffé !

Le lendemain nous rencontrons Rafa, un des gérants de l‘estancia, qui nous propose de rester une nuit de plus et d’accompagner Manuel qui doit aller chercher des chevaux dans le domaine de l’estancia aujourd’hui. Face à une offre si généreuse et avec le soleil de la matinée, nous ne pouvons qu’accepter ! Nous rencontrons ainsi Cécile, photographe française qui partage sa vie entre Menelik et Sommières et allons chercher les chevaux dans le corral.

Nous partons tous les 5, Laura sur la selle de son père, tenant fièrement le « revenque » ! Nous nous éloignons de l’estancia, parcourant le domaine sous un soleil brillant et un ciel mouvementé, les chevaux ont le pied sur aux trois allures dans la steppe pentue ! Nous rencontrons des troupeaux de guanacos qui se dispersent à l’arrivée des chiens, des flamants roses qui survolent majestueusement les lacs. Nous découvrons pour la première fois le paysage inimaginable de l’estancia et réalisons ce qui nous été caché la veille… Des monts enneigés, des lacs, des couleurs incroyables, au loin les paysage du Parc National Périto Moreno… Arrivés au bout du domaine, nous trouvons un groupe de chevaux dont la moitié sont sauvages. Manuel, Cécile et les chiens les rassemblent et les dirigent vers l’estancia. Nous rentrons en coupant à travers champs et ruisseaux au grand galop… pas de photos ni de mots suffisants lorsqu’un rêve de gamine se réalise dans ces conditions ! Poup est définitivement converti aux randonnées à cheval malgré les courbatures et irritations !

Après une bonne douche, Manuel et Cécile nous invitent chaleureusement pour un maté chez eux. Nous découvrons la vie de cette famille hors du commun et comprenons mieux le métier de gauchos dans les estancias: la rudesse du climat, la solitude dans des paysages si grandioses. Cette étape dans le fin fond de la Patagonie, accueillis si chaleureusement, restera gravé dans nos mémoires.

dimanche 21 mars 2010

Sud de la Patagonie

Pour la première fois depuis notre départ nous prenons la route vers le nord ! Nous reparcourons la route 3 jusqu’à la frontière argentine que nous passons sans encombre (nous sommes maintenant rodés en files d’attentes et tampons à obtenir). Un peu plus de difficultés du coté chilien lorsque le garde trouve des fruits dans la Corsa. Une leçon de morale, une menace d’amende, nous refaisons une déclaration (déclarant nos fruits cette fois…) et reprenons la route sans nos courses du matin ! Mais le coucher de soleil sur la côte chilienne du Détroit de Magellan nous redonne le sourire. Nous arrivons à la nuit tombée à Porvenir qui semble vivre au ralenti sous les rafales de vent.

Nous trouvons un petit hôtel où le vieux gérant nous accueille très gentiment, avec même une place dans son jardin pour la corsa ! Porvenir est probablement sponsorisée par le réseau Mastercard ou alors a eut un problème avec le réseau Visa, le résultat étant que les rares terminaux de paiements et distributeurs de billets n’acceptent pas les cartes visa. Cette fois le charme de Poup ne sera pas mis a contribution (on suit vos conseils ;) ) on utilisera la carte Cirrus dans le distributeur de la caserne militaire de la ville ( non, aucune idée de pourquoi le seul DAB est dans la caserne militaire ! ). Le lendemain nous prenons le ferry pour quitter définitivement la Terre de Feu. 3h de traversée confortablement installés dans des fauteuils rembourrés avant d’arriver dans le vent et la pluie à Punta Arenas ! Direction une auberge de jeunesse où nous nous réchauffons au coin de la cuisinière et rencontrons canadiens, israéliens, Français… tout ca dans une très bonne ambiance ! Coline nous conseille sur les villes à visiter au chili. Le temps ne nous pousse pas plus loin dans les alentours de la ville et nous continuons jusqu’à Puerto Natales, la ville d’entrée du célèbre Parc National Torres Del Paine.

En effet Puerto Natales est largement axée sur le tourisme et la randonnée malgré son port, nous nous renseignons à l’office de tourisme avant de reprendre la route vers le Parc. Après quelques kilomètres sur un asphalte bien agréable et bien indiqué nous enchaînons sur 2h de ripio dans les plaines eventées. Nous avions été prévenu que le temps était très changeant dans la région et que le parc avait son propre micro climat : Des vents violents, de la pluie, du froid pour cette fin d‘été… le rêve pour partir sur le sentier de randonnée « du W » de 4 jours ! Nous arrivons donc à l’entrée du parc national en fin d‘après midi, discutant avec le garde nous apprenons que le temps des prochains jours ne permettra surement pas de pouvoir marcher et encore moins de voir les célebres paysages. Nous prenons un maté avec l’équipe puis un thé avec Pascaline dans la maison des gardes et reprenons la route en direction d’El Calafate. Nous passons la frontière à minuit tapante et essuyons un vent tellement froid qu’il est impossible de chauffer la voiture !

El Calafate nous permet de poser nos sacs le temps d’aller voir le glacier du Périto Moreno. Terrain connu pour Poup, beaucoup moins pour moi, c’est la première fois que je vois un glacier ! J’imaginais les glaciers en haute altitude, dans un climat froid et reculé… et bien pas forcément ! Au milieu de paysages de steppe arides et les pieds dans le lago Argentino, le glacier impose sa masse glacée. Plus on s’en approche plus il est difficile de se rendre compte des dimensions; nous guettons les craquements de ce monstre qui annoncent la chute de glace dans le lac provoquant vagues et icebergs. Le spectacle est incroyable !

Voulant faire un peu de rando après l’échec de Torres Del Paine, nous suivons les conseils de Maxi et nous rendons à El Chalten, capitale nationale du trekking. Nous y arrivons en début d’après midi et partons directement, sac sur le dos pour 2 journées autour de la chaine de montagne du Fitz Roy. Nous avons beaucoup de chance pour le temps cette fois ci et pouvons profiter d’une vue incroyable sur ces montagnes, glaciers, lacs et paysages ! Le sommet du Fitz Roy nous accompagnera presque tous les jours ! Une fois de plus les photos parlerons mieux d’elles même !

Nous regagnons le village d’El Chalten mardi après midi bien fatigués et trouvons une auberge avec une douche chaude ! Une bonne nuit de sommeil est nécessaire avant de s’attaquer à la remontée de la Ruta 40 !

samedi 13 mars 2010

Ushuaia !

Certains touristes viennent à Ushuaia et cherchent le panneau indiquant « La Fin du Monde »… C’est vrai que si on regarde sur une carte, Ushuaia est une des dernières ville du sud de l’hémisphère sud, mais ce n’est vraiment pas le sentiment que nous avons eut pendant notre séjour.
Nichée entre deux océans, des iles, des montagnes et des glaciers, Ushuaia a des airs de station de ski teintés de port maritime. Des lumières incroyables, des paysages grandioses, la nature y est le centre de tout et impose son rythme à grand coup de vent, pluies et soleil.

Nous sommes donc arrivés un dimanche soir à l’auberge Yakush, bien fatigués par les 5000 kms parcourus en 2 semaines et par les épisodes des derniers jours. On a fait un tour des agences de tourisme et on a rapidement du abandonner nos rêves de Cap Horn en kayak ou en avion, de journée à cheval ou d’excursions sur les iles désertes plus au sud … Ushuaia vit essentiellement de tourisme et on sent que le filon est bien exploité ! On a bien sympathisé avec Ariel qui est guide de montagne lorsqu’il ne travaille pas à l’auberge, il nous a indiqué plein de randos à faire dans le coin en évitant les excursions hors de prix proposées aux touristes.

On a quand même commencé la semaine par une sortie en bateau sur le canal de Beagle (ca on ne pouvait pas l’éviter !) Au programme, petite marche sur l’ile Bridges, cormorans et lions de mer des iles du canal jusqu’au Phare des Eclaireurs qui annonce l’entrée du canal de Beagle et de la Baie d’Ushuaia. On a un peu regretté l’ambiance sexagénaire de la traversée mais les paysages étaient magiques, en quelques heures nous sommes passés des nuages sombres et menaçants au soleil vif. Les lions de mer, toujours fidèles à eux-mêmes, les cormorans impressionnants pendant leurs séances de pêches « sous-marine » et aussi de nombreux autres oiseaux marins difficilement reconnaissables pour nous.

Les jours suivants, les randos se sont enchainées ! Du lago Esmeralda avec Christophe et Aurélie, au Cerro Del Medio avec Martin, en passant par le Cerro Guanaco dans le Parc National de la Terre de Feu (surement la plus belle des randos, la vue à 360° est incroyable et bien méritée), mais aussi la Playa Larga avec un tour en VTT pour Poup, le glacier Marcial et le glacier Vinciguerra avec Ariel, Emi, Caca et Miel… A chaque fois une vue différente, plus impressionante les unes que les autres, les photos en diront plus que n‘importe quels mots !

Au bout de quleques jours passés à l’auberge Ariel nous a proposé de s’installer chez lui si nous voulions rester plus longtemps à Ushuaia, du coup plus grand-chose nous poussaient à reprendre la route ! Nous avons attendus les castors à la tombée de la nuit, visité le bateau que garde Caca sur le canal de Beagle, la maison que se construit Martin avec une vue plongeante sur la baie, parcourus les rue d’Ushuaia, fait une parilla avec Alan l’assador pour l’anniversaire de Poup.
Sans oublier les inombrables matés (matin, midi, après-midi, soir… il n’y a pas d’heure pour un bon maté) savourés « en mer » comme au sommet de nos « ascensions ».

Toutes ces journées se sont terminées dans la salle commune du Yakush ou nous avons pris nos habitudes et avons rencontrés beaucoup de monde ! Des Français, des israéliens, des espagnols, des anglais …enfin la liste est longue mais c’était vraiment sympa de rencontrer toutes ces personnes voyageant chacun à leur manières, racontant leurs expériences, donnant leurs conseils. C’est surtout avec des argentins, je devrais dire des ushuaiens que nous avons passé le plus de temps. Si les journées se terminaient au Yakush, les nuits par contre se terminaient pour la plupart au Dublin (bar irlandais du coin) ou nous avons rencontré la vie ushuaienne, de véritables discussions (si si j’ai essayé d’aligner plus de 2 mots espagnols, il parait que l’accent franco-brésilien est assez original d’ailleurs), bref des soirées argentines comme il nous manquait depuis le début de notre périple.

C’est au bout d’une dizaine de jours et plusieurs tentatives infructueuses que nous avons finalement repris la route pour quitter la Terre de Feu. Je crois que l’on gardera cette étape à Ushuaia longtemps dans nos mémoires, pour les paysages et les gens que nous y avons rencontrés !

jeudi 11 mars 2010

Arrivée en Terre de Feu

Chance et aventure : mots d’ordre de ces deux journées !

Nous arrivons à Rio Gallegos en fin de journée et comme imaginé, nous ne trouvons pas grand chose d’attrayant ! L’office de tourisme nous le confirme autant pour les hostels que pour les choses à voir dans le coin… pas besoin de grande discussion avant de décider de reprendre la route, nous aurons fait un temps record pour cette escale : 25 minutes ! C’est donc sans trop se poser de questions que nous nous dirigeons toujours plus au sud, vers la frontière pour le Chili,.

Petit point géographique: La Terre de Feu est une île que se sont partagés avec quelques tensions le Chili et l’Argentine. Le nord ouest de l’ile est chilien et le sud-est argentin. En arrivant d’Argentine nous devons passer par le Chili pour aller à Ushuaia, nous avons donc une première frontière sur le continent puis une seconde en Terre de Feu où nous repassons en Argentine.

Nous arrivons donc à la frontière argentino-chilienne vers 21h sans trop savoir à quoi nous attendre. Nous garons la voiture et munis des papiers de notre corsa et de nos passeports nous nous dirigeons vers le bâtiment partagé par les douanes. Nous entrons dans une salle bondée où les files d’attentes sont difficilement différenciables, les pleurs des enfants et discussions animées sont ponctués par les innombrables coups de tampons. Impossible d’optimiser le temps d’attente en faisant plusieurs file en même temps, nous prenons donc notre mal en patience et faisons 3 files différentes pour avoir les tampons et petits coupons nécessaires sur nos passeports (même la corsa a son propre passeport : la grande classe). Nous pouvons enfin reprendre la voiture en niant toute possession de fruits, légumes… Et là, la grande traversée commence.

Dans le noir total et sans aucun panneau nous avançons sur l’unique route, espérant trouver le port de Punta Delgada pour se renseigner sur les prochaines traversées ou bien faire escale. Soudain des lumières et une file de véhicules apparaissent, nous ralentissons pour nous garer mais un agent nous fait signe d’avancer vers le ferry, même pas possible de baisser la vitre pour lui demander où acheter un ticket, apparemment il faut faire vite ! Nous embarquons donc en quelques instants. A peine le temps d’attraper un pull et de fermer la voiture que la porte du ferry est refermé et que nous tangons déjà sur les vagues du détroit de Magellan. La nuit noire nous interdit tout aperçu du paysage mais les vagues ont l’air plutôt mouvementées. Les télévisions nous apprennent le tremblement de terre au Chili : images, vidéo et interviews, les médias sont universels. Les chiliens présents sont concernés mais n’ont pas l’air profondément choqué, peut être sont-ils au courant depuis plus longtemps.

La traversée n’aura duré que 20 minutes, nous débarquons tout aussi rapidement et nous retrouvons sur une route bien aménagée mais toujours sans indications. Au bout d’une bonne heure de route nous arrivons à Cerro Sombrero, espérant vraiment trouver de quoi dormir, le vent est vraiment violent ici ! Par chance le seul hôtel de la ville est encore ouvert, nous demandons le prix d’une chambre de base, malheureusement elles sont toutes prises par les gauchos venus pour un festival ce même weekend ! La dernière chambre libre est a 320 pesos la nuit, un peu plus que 4 fois notre budget ! La gérante s’en rend bien compte et nous propose de nous la faire au prix d’une chambre plus bas de gamme soit 220. Devant cette grosse réduction et l’impossibilité de dormir avec ce froid dans la voiture, nous acceptons. Nos sacs nous tombent des épaulent lorsque l’on entre dans la chambre ! Un lit King size avec un matelas incroyablement épais… et une douche avec jet massage et tout le luxe américain … Inutile de dire que comparé aux nombreuses nuit dans la corsa, on se croirait au paradis !

Heureusement que la nuit a été reposante pour affronter la journée du lendemain ! Apres un ti déjà dans l’hôtel nous nous apercevons que nous sommes a court de liquide, à court de sans plomb, que l’hôtel et la station service ne prennent pas les cartes et que les distributeurs de monnaie n’ouvrent que le lendemain (lundi)… Oui c’est un bon début de journée ! Heureusement que nous pouvons compter sur le charme de Poup ! Apres discussion avec la gérante, il vide le portefeuille de TOUTE sa monnaie : 166 pesos argentins et un billet de 5 euros… Direction le supermarché ou c’est avec une caissière qu’il arrivera a négocier un paiement en carte pour l’échanger avec du liquide : 15 000 pesos chilien que nous dépenserons en sans plomb. Du coup, plus sereins, nous passons faire un tour au festival de gaucho… on sort un peu du paysage avec notre corsa et nos manteaux de ski face aux vieux gauchos en tenues traditionnelles dans leur 4x4 éprouvés par la boue. Nous profitons quand même d’une démonstration de chiens gauchos (ils doivent déplacés un troupeau de moutons sous les ordres de leur maitres d’un enclos à l’autre.) mais les rafales de vents nous font vite reprendre les ripios jusqu’à Rio Grande, ville la plus importante économiquement de la Terre de feu.

C’est donc sans dépasser les 40 km/h que nous parcourons les 120 kms de ripio sous les rafales violentes du vent de la Terre de Feu. Au seul carrefour avec des panneaux de notre parcours, nous rencontrons un motard qui nous dit que nous avons un pneu à plat … Nous changeons donc la roue avec son aide et reprenons la route encore plus lentement et prudemment. C’est avec de faux espoirs que nous espérons pouvoir trouver un garage à la frontière argentine 30 kms plus loin. Nous passons de nouveau les formalités nécessaires à cette douane beaucoup plus petite et moins pratiquée et reprenons la route évitant autant que possible les cailloux…
Nous arrivons enfin à Rio Grande et parvenons, par chance à trouver une gomeria ouverte un dimanche ! La corsa se fait désosser, il trouve 2 trous dans le premier pneu et en lui demandant de vérifier la pression des autres pneu, il trouve une vis enfoncée et limée…Décidemment les routes argentines sont plutôt agressives pour les pneus ! Nous profitons de Rio Grande pour faire un vrai plein d’essence et retirer de l’argent.

Nous reprenons la ruta 3 vers le sud … pour arriver quelques heures plus tard au bout du monde… Les paysages changent très rapidement ! Après les plaines d’herbes battues par le vent du nord de la terre de feu, les vallons se transforment rapidement en forêts puis montagnes, lacs et glaciers.
Nous arrivons de nuit à Ushuaia et nous arretons à l’auberge Yakush, Ariel nous accueille…

mardi 9 mars 2010

Santa Cruz

La route pour aller à Puerto Deseado n’est pas forcément la plus désirable ! Plus de 100 kms d’asphalte plat (pour une fois on va pas se plaindre !) incroyablement rectiligne et pas utilisée (seulement 2 camions dans le sens inverse en plus !) du coup Poup finit par conduire les bras croisés, promis il ne s’endormait pas !

Puerto Deseado est un joli port jeune et dynamique ou l’océan remonte dans le lit d’une rivière asséchée. Du coup la flore et la faune marine sont protégées et facilement accessibles ! Nous arrivons à temps pour trouver le camping et profiter d’un coucher de soleil sur les plaines éventées et asséchées de la région ! Le lendemain, impossible de louer un kayak ,du coup nous partons nous balader le long de la ria dans les cailloux et herbes sèches ! La diversité des paysages est quand même fantastique et nous profitons encore des cormorans si habiles dans l’eau !

Nous reprenons la route pour Puerto San Julian, autre ville balnéaire de la coté atlantique, avec 15 000 habitants la ville est en plein essor mais garde une ambiance agréable et peu touristique. La gérante du camping pourrait recevoir la palme de l’accueil chaleureux et de l‘office de tourisme! Le lendemain nous prenons le ripio de la côte pour admirer les falaises, les colonies de lions de mer, les chevaux en libertés, les usines de pâté abandonnées ( si si des usines de pâté en argentine avec port perso pour l’exportation ! Bon ils ont fait faillite…). Puis une sortie en zodiac : on nous emmène voir des pingouins, des cormorans et peut être des dauphins … haha le suspens durera jusqu’au bout ! nous marchons au milieu des pingouins et apprenons beaucoup sur leur fidélité et façon de fonctionner ! Puis une pause chez les cormorans et quand le bateau fait demi tour tout le monde se met à guetter avidement les vagues et l’horizon … Coup de chance ou habitude, les ailerons apparaissent ! Noirs et blancs plusieurs couples de « Toninas overas » viennent jouer avec le zodiac et les vagues. Certes ce sont parmi les plus petits gabarit de dauphins du monde mais c’est quand même assez sympa ! Bon par contre plus que difficile pour les prendre en photos .. Désolée !

Le lendemain nous reprenons la ruta 3, toujours vers le sud et faisons une escale dans la réserve de Monte Leon ! Réserve naturelle de plus de 60 000 hectares vallonnés ou les guanacos, choiques et pingouins vivent paisiblement. Les terres rouges se découpent en falaise sur la mer laissant un territoire privilégié de chasse aux pumas. Comme deux sioux myope-astigmate-hypermétrope nous guettons les fauves des steppes, l’un les imagine noirs, l’autre crinière au vent sur les crêtes.. On est mal barrés pour les avoir en photos. Apres des heures dans les rafales de vent nous n’aurons trouvé que les restes de leur chasses, carcasses de guanacos, pingouins et autres… Nous reprenons la route en fin d’après midi pour Rio Gallegos, sans grande attentes de cette ville carrefour.

lundi 8 mars 2010

Chubut Sud

Nous arrivons à Sarmiento, ville plus reculée dans les terres, dans la nuit. Au matin, après une recherche appronfondie des logements, nous choisissons, non pas un hostel ou un camping, mais une « chacra » (ferme). Accueil très agréable (avec café et thé) et un grand terrain où les chiens des propriétaires peuvent se défouler à leur guise.
L’après-midi, nous allons visiter le Bosque Petrificado (forêt pétrifiée), au bout d’une piste de ripio. Les troncs et les écorces des arbres datent de plus de 65 millions d’années ; ils sont restés pétrifiés dans un paysage quasi lunaire. On nous avait prévenu, le vent souffle fort ici ! Ce petit parc, qui est loin de déborder de touristes, vaut le détour : on sent pleinement l’isolement du lieu et les troncs paraissent faits de roche. (voir photo)
En rentrant, nous profitons du domaine et du confort de la ferme puis allons fêter l’anniversaire de Toutoune au resto !
Le lendemain, après un petit déjeuner long, copieux, suculent et très agréable (ça se sent que je l’ai pleinement apprécié ?) nous partons pour le lac Musters, à 8 km de ripio (pour ceux qui ne comprennent pas pleinement le sens de ce mot, ça signifie « gravier, piste cahoteuse, où l’on roule parfois à 20 km/h », qui est presque devenu pour nous un nom commun). Finalement, c’est un grand lac au paysage très joli mais peu variable. Nous rebroussons donc chemin et partons pour Puerto Deseado, dans la province au sud de la Patagonie, Santa Cruz.

Où sommes nous ?


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