Au matin, nous rencontrons nos 3 compagnons de route pour les 4 prochains jours. Nous seront un bon groupe de français : Gregg et Camille, en tour du monde depuis plus de 6 mois et Aurélie qui a prévu de parcourir l’Amérique du Sud pendant 6 mois. Notre chauffeur/guide sera Marcelo et Eli, sa femme, sera notre cuisinière.
Après avoir mis tous les sacs sur le toit, nous voila en route pour 4 jours et plus de 1000 kilomètres de sable, poussière, roches ou encore de sel.
El Sillar (La selle) est le premier intérêt géologique où la roche a été taillée en aiguille, au fond d’une vallée entourée de deux pics.
Nous traversons deux villages typiques, aux maisons en adobe et les toits en paille. Nous mangerons dans le deuxième : très agréable surprise, Eli cuisine très bien ! Ca promet pour les prochains jours !
Au fur et à mesure des sentiers, nous passons à côté de lamas et autres vicuñas, qui ont tous des rubans aux oreilles (chaque année, leurs propriétaires leur taillent les oreilles et les décorent lors de la fête du lama)
A San Pedro de Las Ruinas, ancien village minier déserté après que les habitants aient cru être victimes d’une malédiction (de nombreuses morts suspectes, à priori dues à la contamination de l’eau), Toutoune découvre, au détour de ruines, des vizcachas. Un genre de lapin-kangourou à longue queue ; non, n’imaginez pas un lapin avec une poche ventrale ! Plutôt un lapin aux pattes avant très courtes et à la queue longue et touffue.
Avant d’arriver à notre premier hôtel, nous passons notre premier point culminant de ce tour : 4855m!
Le petit hôtel qui nous accueille est rempli de français ; le groupe de 10 personnes qui y loge déjà n’est pas très aimable, mais peu importe. Notre petit groupe finit de faire connaissance et nous passons une très bonne première soirée, qui se finira, au chaud, dans la cuisine, là où nous découvrons la Pupusa (non non, ce n’est pas une drogue, nous assure Marcelo!) qui se prend en infusion et aide à faire passer le mal d’altitude.
Le deuxième jour, nous passons plusieurs lagunes où nous voyons nos premier flamants roses. Ces lagunes sont aussi exploitées pour en extraire des matières qui serviront à faire des céramiques, des plastiques ou encore, des détergents. A midi, nous arrivons à la Laguna Verde, l’une des lagunes phares de l’excursion qui a la particularité de changer de couleur (devenir verte) à midi et qui est bordée par le Volcan Licancabur (après tant de fois répétées, j’arrive enfin à me souvenir de son nom) au sommet enneigé.
Les sources d’eau chaude ne nous attirent pas vraiment (il fait froid dehors quand même, et elles sont déjà bien remplies de baigneurs au maillot de bain à fleur) et nous mangerons en vitesse et nous éloignerons des gros groupes.
L’excursion du Salar d’Uyuni et du Sud Lipez est très prisée (même en basse saison) et, tout au long du tour, nous avons cherché à éviter de faire partie de la file de dix 4x4, qui débarquent les touristes en masse aux points d’intérêt.
Ainsi, dans la soirée, nous arrivons à la Laguna Colorada, lagune de couleur rouge, à cause des minerais et montagnes rouges alentours, du fait de l’oxydation du fer. La marche pour voir le coucher de soleil sera extrêmement venteuse et froide ! (nous sommes à 4200 m d’altitude)
Le troisième jour débutera par un arrêt à l’Arbol de Piedra (Arbre de pierre) et une petite ascension d’une des roches érodée. Puis nous passerons diverses lagunes où se reflètent parfaitement les montagnes et où les flammants roses posent majestueusement pour l’objectif de Toutoune !
Nous mangeons seuls, dans la Valle de las Rocas… enfin, presque seuls puisqu’une vizcacha vient manger les pelures de tomates, puis les Pringgles (la chanceuse) et posera aux côtés de la mascotte de Gregg et Camille (un panda qui en voit de toutes les couleurs)
En fin de journée, nous arrivons sur le Salar d’Uyuni (le plus vaste ancien lac salé, qui ne cesse de s’étendre) puis sur l’Isla de los Pescados ou encore, Inca Huasi (la Maison des Incas en quechua… on va finir polyglotte!!) Cette île de roche volcanique et de corail, remplie de cactus (dont certains quasi millénaires) Nous verrons le coucher de soleil du salar, un moment magique !
Notre dernier hôtel (à moitié construit en sel) se trouve sur l’une des îles du salar (il y en a 36 en tout)
Nous sommes reçus par le propriétaire complètement saoul qui nous explique que c’était aujourd’hui la fête locale et qu’il ne pourra pas nous recevoir comme il le voudrait (un monologue d’environ 5 minutes entrecoupés de longs blancs…)
Soit, nous passerons cette dernière soirée tous ensemble, loin de tous tumultes. Eli et Marcelo nous joignent pour prendre un verre et manger (d’habitude, nous mangeons « entre touristes » car ils restent dans la cuisine avec les autres guides et cuisinières, mais ce soir, l’hôtel est vide) Soirée pleine de fous rires grâce aux histoires de Marcelo !
Le dernier jour, nous nous levons tôt pour aller admirer le lever du soleil sur le salar (encore une fois, magique… et frisquet !) Puis nous monterons les pentes du volcan Tunupa (une grande partie en 4x4, puis à pied, mais on restera loin du sommet !) pour aller voir des momies (ou plutôt, des ossements) et des champs de quinoa. Nous apprendrons comment il est cultivé, égrainé puis envoyé dans le monde entier.
Avant le dernier déjeuner, que nous prenons au milieu du salar, nous faisons un grand nombre de tentatives de photos, faisant jouer les distances (on ne distingue pas les distances sur cette étendue de sel) et qui rend un résultat plus ou moins réussi (certaines sont floues en premier plan, d’autres où les distances sont mal gérées, etc.) Non sans mal, nous immortalisons notre rencontre éléphantesque ; certes, c’est flou… on sait déjà qu’il va encore bouder.
Finalement, nous arrivons à Uyuni (dont les abords sont pleins de déchets volants) où fini notre tour. Aurélie continue avec nous et Gregg et Camille repartent vers Tupiza, puis vers l’Argentine. Nous remercions chaleureusement nos guides de ces 4 jours vraiment supers.
Avec les retours que nous avons entendu plus tard, nous sommes ravis de la prestation que nous avons reçu : un chauffeur-guide qui explique ce que l’on voit, qui blague et raconte des anecdotes, et une cuisinière excellente !!!